Interview Hangman’s Chair Juin 2018

Il y a quelques mois sortait Banlieue Triste, le superbe album d’Hangman’s Chair. C’est la tête remplie de questions que je contacte Julien, le guitariste du groupe pour parler de leur album et de la suite.

Cabaneariff : Bonjour Hangman’s Chair et merci de répondre à mes questions. Tout d’abord pouvez vous vous présenter pour ceux qui ne vous connaissent pas encore ?

Julien : On existe depuis 2006, sortit 5 albums et 4 splits.
Mais encore mieux, allez faire un tour sur Youtube, écoutez notre musique, elle parle pour nous (https://www.youtube.com/channel/UCIivT-DKIFSOBWKGC6tU3dw)

Cabaneariff : « Banlieue Triste » est votre dernier album. Pourquoi ce titre et pourquoi un titre en français alors que toutes les chansons et les paroles sont en anglais ?

Julien : Ce titre est tout simplement venu du visuel de la pochette.
D’habitude, on commence par la musique puis on trouve les titres de chanson, le titre de l’album et enfin on s’attaque à la pochette. Cette fois-ci, la pochette est arrivée au milieu de la composition de l’album, on l’a eu très tôt. Et lorsque Dave Decat (avec qui on travaille depuis maintenant deux albums) nous l’a proposé, elle nous a instantanément évoqué les vieux albums de Renaud. Cette pochette est tellement connotée française qu’il était impossible d’y placer un titre en anglais.
Et puis, par le passé, ça nous est déjà arrivé d’avoir des titres instrumentaux ou bien des samples en français. Il y a des titres qui sonnent mieux en qui français ou qui trouvent leur sens dans notre langue maternelle.

Cabaneariff : J’ai trouvé que c’était votre album le plus sombre, le plus triste justement. Il y a notamment un gros travail sur la densité musicale sur cet album. A quoi cela est dû?

Julien : On a toujours gardé la même méthode, une musique maussade avec des moments de lumière. Ce qui change entre les albums c’est la texture, le son.
Pour cet album, on a été assez ambitieux sur la production, on voulait qu’il y ait plus d’informations, de la richesse et plus relief avec des parties plutôt intimiste et d’autres plus orchestrales. Niveau guitare, j’avais préparé en amont tous mes arrangements et il y en avait pas mal. Tout a été pensé et disséqué mais ça m’a quand même pris 10 jours pour enregistrer toutes les couches de guitares et d’effets.
Là où on est content, c’est qu’on a réussi à retranscrire ce que l’on avait en tête et notamment l’ambiance dont tu parles.

Cabaneariff : Est-ce que des influences musicales particulières vous ont aidé dans le son, l’univers de cet album. J’ai trouvé des points communs avec Type O Negative dans l’ambiance.

Julien : Type O Negative, oui c’est une évidence, on se retrouve beaucoup dedans, le côté citadin Brooklyn, leur passé Carnivore, leur affiliation au NYHC, ça nous parle tout ça.
Sinon, entre « This Is Not Supposed To Be Positive » (leur précédent album) et « Banlieue Triste », j’ai énormément écouté les Sisters Of Mercy, les vieux Killing Joke, Lycia. Ça s’entend non ?

Cabaneariff : Killing Joke. Je ne me suis pas penché dessus mais maintenant que tu le dis, dans les riffs, y a un peu de ça. Rentrons un peu plus dans le détail de l’album.
Il y a dans l’album 2 instrumentaux : Tara et Sidi Bel Abbes. Je me suis toujours posé la question de savoir comment on en arrive à faire un instrumental ? On le sait à l’avance ou on ne trouve pas de paroles ou on se dit que le morceau se suffit à lui-même ?

Julien : Pour Sidi Bel Abbes, Mehdi (le batteur) l’a composé en ayant en tête la guitare de Marc de Mongolito/Wolvennest. Son jeu de gratte devait remplacer la voix. On savait déjà à l’avance que ça allait être une instrumentale. Après, c’est dans nos habitudes de placer une chanson sans voix dans chacun de nos albums, tu peux vérifier. Pour nous, ce sont des moments de respiration nécessaires à l’écoute entière du disque. On réfléchit un album comme une entité, qu’il y ait du sens à l’écouter d’un bout à l’autre, comme un film.
Pour Tara, c’est différent, je l’ai composé comme un véritable morceau avec couplet/refrain mais on n’a pas eu le temps de la terminer en studio. Du coup, on s’en est servi comme d’une interlude.
Une version avec chant devrait bientôt voir le jour, sûrement dans un split.

Cabaneariff : Ha cool, je scruterais ça pour voir ce que cela donne avec une voix.J’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de nostalgie dans Sidi Bel Abbes. Ce lieu a quelque chose de particulier pour vous apparemment.

Julien : On a trouvé le titre à la fin du studio, il n’était pas du tout préparé à l’avance. C’est en écoutant le morceau en le plaçant dans le dernier tracklisting que le titre est venu naturellement.
Sidi Bel Abbes est la ville où est enterré notre premier guitariste décédé il y a quelques années, Sid Ahmed. On a voulu lui rendre hommage dans un morceau, on ne l’avait pas encore fait parce qu’on n’arriver pas exprimer ça avec des paroles, disons que ce n’est pas trop notre genre.
Il était soliste à l’époque et ça nous a sauté aux yeux qu’avec le solo de Marc et l’ambiance, ce morceau pouvait lui être destiné. Parfois un morceau prend tout son sens de la sorte, ça s’est imposé naturellement.

Cabaneariff : De même 04.09.16. J’ai écouté le morceau et n’ai pas compris à quoi correspondait cette date. A quoi correspond elle ?

Julien : Cette date correspond au jour où l’un de nous a fait une OD (overdose). Le texte relate le déroulement de cette journée, on a voulu que ça soit très fidèle à la réalité, sans prendre de pincettes. Très terre à terre. C’est une date importante parce qu’elle est à l’origine des autres textes, les angoisses et les insomnies qu’on retrouve dans « Naive », « Full Ashtray » ou « Sleep Juice » sont le résultat de « 04/09/16 ».

Cabaneariff : Qui dit nouvel album dit tournée. Alors, tournée française ? Européenne ? Festivals ?

Julien : Une première salve de date est déjà tombée, d’autres vont se rajouter avec la sortie de l’album à l’étrangers. Vous pouvez vous tenir informé sur notre page Facebook.

Cabaneariff : Comment préparez vous l’accueil du public aux nouveaux morceaux ?

Julien : Le but est de jouer un maximum de morceaux du nouvel album, on en joue 5 dans le set qu’on vient de préparer. Ça peut être risqué mais c’est notre choix. Et puis, on a travaillé ça en résidence pendant 4 jours pour que le son et les lumières soient au top, c’est la première fois qu’on prépare une tournée et on est content du résultat.

Cabaneariff : Est-ce que vous continuez à composer pendant la tournée ?

Julien : Bien sûr, on compose tous les jours chez nous au calme. J’ai déjà 2 morceaux à proposer aux autres, Mehdi doit en avoir aussi. Quand la grosse série de date sera terminée, on pourra commencer à travailler dessus et voir vers quelle direction vont nous emmener ces dernières compos.

Cabaneariff : Pour finir, un petit mot à vos fans et à ceux qui vont venir vous découvrir sur scène ?

Julien : Merci pour leur soutien.

Cabaneariff : Merci encore pour votre temps et à très bientôt sur scène

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