Interview Raveneye Fevrier 2018

C’est quelques heures avant leur concert aux Etoiles (pour retrouver ma chronique) que je retrouve le trio de Raveneye dans les coulisses. Oli, le guitariste et chanteur, m’accueille avant de se limer les ongles pour améliorer son toucher de cordes. Un moment très convivial, dans la bonne humeur, pour parler du concert de ce soir et les projets du groupe pour 2018.

Je me retrouve assis en face d’Oli, d’Aaron (le bassiste) et d’Adam (le batteur), concentrés mais clairement heureux d’être là et je rentre direct dans le vif du sujet.

Cabaneariff : Bonjour à tous les 3 et merci de répondre à mes questions.
Tout d’abord, avez vous eu le temps de visiter Paris cette fois?

Oli : On a eut le temps la dernière fois qu’on est venu. On a fait des interview, des ballades, du shopping et c’était génial.
Aujourd’hui, on est arrivé à 14h. C’était pas simple cette fois donc on est resté à l’hôtel parce que garer un gros van sur Paris, c’est très compliqué.

Cabaneariff : Vous êtes venu en van?

Oli : oui on est arrivé du Royaume Uni avec un chauffeur parce que c’était un gros trajet et on s’est dit qu’on aurait peut être besoin d’aide.

Cabaneariff : comment sentez vous le concert de ce soir?

Aaron : super. C’est la première de nos dates en Europe et c’est genial que ce soit à Paris.

Cabaneariff : on est toujours dans le cadre du Nova Tour?

Aaron : oui mais avec de nouvelles chansons.

Cabaneariff : de nouvelles chansons juste pour nous? Combien? 2, 3?

Oli : oui, c’est exclusif. 2 nouvelles chansons. On est très impatient. On adore jouer ici, il y a une très bonne culture rock en France. C’est toujours cool de conduire et de venir ici, il y a vraiment une bonne ambiance.

Cabaneariff : en 2016, il y a eut l’album Nova. Et maintenant?

Oli : un nouvel album.

Cabaneariff : quand?

Oli : si tout va bien, on enregistre en avril/mai. On a environ 13 chansons prêtes à être enregistré. Je suis encore en train d’écrire. On se contente pas d’écrire des chansons, le plus important est de faire sentir que c’est vraiment un nouvel album au lieu de quelques chansons principales. On essaye de recréer une journée entière, une vie dans l’album.

Cabaneariff : vous faites encore des choix?

Aaron : oui quelques fois des chansons sont sacrifiés car ce n’est pas le bon son et il y a des chansons même sur Nova qui n’ont pas été gardé car ça n avait pas de sens sur le thème de l’album.

Cabaneariff : mais vous avez déjà la ligne principale du prochain album?

Oli : oui.

Cabaneariff : Ok. Dans le précédent album, j’ai trouvé beaucoup d’influence venant de soundgarden.

Oli : oui, tout a fait. Chris Cornell inspire de nombreuses personnes.

Cabaneariff : trop fort, j’ai trouvé!!! (Rires général). Et est ce que cette influence va rester sur le prochain album?

Oli : c’est très dur de s’éloigner de ça car c’est quelque chose qu’on écoute au quotidien.

Aaron : Mais a côté de ça on essaye d avoir notre son a nous. On joue les riffs qui nous viennent. On met les chansons ensemble comme on l’a fait pour Nova.
La prochaine série de chansons, on en a environ 22, elles ont déjà un son. On veut juste essayer de continuer à écrire et on va peut être arriver avec encore plus de chansons pour en faire quelque chose d’épique, plus gros, plus fou.

Oli : sur Nova, c’était des gros rythmes avec un gros son et pour le prochain album, on voudrait changer ce son et avoir une autre approche dans les petites salles. Faire un mix avec les nouvelles tendances.

Cabaneariff : et vous enregistrez ou?

Oli : on regarde encore. On veut trouver un endroit où on peut dormir sur place.

Cabaneariff : à Londres?

Oli : non c’est trop cher. On cherche entre les USA et l’Angleterre.
La derniere fois on a enregistré aux USA car on a finit notre tournée la bas et tout le monde était sur place. Là aussi on devrait finir aux USA donc c’est possible que l’on refasse la même chose.

Aaron : ou peut être en France, pourquoi pas. On cherche juste un endroit ou on peut dormir et enregistrer au même endroit.

Cabaneariff : ok. Et la, vous allez où après.

Aaron : en Espagne, on a trois dates la bas, ensuite italie, allemagne, Autriche, scandinavie.

Cabaneariff : show ou festival?

Aaron : que des shows. On a environ 16 dates sur cette tournée.

Cabaneariff : pour votre nouvel album, vous commencerez votre tournée par la France?

Aaron : on sait pas encore. On est encore e  pourparler pour des festivals en europe et aux USA. Dès que les dates sont callés, on y va et on joue. Mais on aimerai revenir ici le plus rapidement possible. Si quelqu’un veut nous accueillir, contactez nous car on adore venir ici (rire).

Cabaneariff : je trouve qu’il y a de la melancolie dans votre musique mais aussi beaucoup d’énergie positive. C’est un paradoxe. Pensez-vous que c’est l’esprit de votre musique ou juste le moment qui veut ça?

Aaron : cette energie et cette mélancolie seront toujours là pour nous. Nos chansons qui sont basés sur la mélancolie sont plus profondes quand elles sont écrites. On a essayé d’écrire des chansons heureuses, mais ça n’a pas marché pour nous. Je me sentais forcé. C’est pas terrible. Alors que ce sentiment, être abattu, sentiment par lequel tout le monde passe, ça le fait.

Cabaneariff : mais vous écrivez sur l’amour, pas sur la politique ou l’actualité.  Vous n’êtes pas dépressif quand même? Vous avez déjà trouvé un bel amour?

(Rire general)

Oli : Oui, oui. On écrit plus sur le sentiment d’aimer que sur le fait de dire “je t’aime” et aussi sur le moment où ça se barre en couille. Le moment où la personne que tu aimes le plus est aussi le moment où tu peux dire les choses les plus horribles sur elle. Quand on se dispute.

Cabaneariff : C’est plus facile pour écrire.

Oli : Oui tout à fait. La réalité c’est que quand on écrit, on veut des textes qui parlent à tout le monde car tout le monde passe par ces moments là.

Eternity par exemple parle de quelqu’un qu’on ne reverra plus, de la mort, à  qui on ne pourra plus jamais parler. C’est un sujet dans lequel on voulais aller car c’est un moment inattendu par lequel je suis passé et je l’ai mal vécu. On ne parle pas de politique car il y en a assez sur les medias, des armes, de la violence. Chacun son avis, on ne veut pas en rajouter.

Cabaneariff : Est ce que vous écrivez à 2 ou incluez vous Adam?

Oli : Maintenant on le fait.

Adam : on fait un mix.

Cabaneariff : Adam, tu ne fais que les paroles, que la musique? Comment ça se passe?

Adam : Non on est ensemble, on choisis un thème ou une direction et on travaille ensemble pour sortir quelque chose et le faire évoluer. Ce sont les chansons d’un groupe, de trois mecs plutôt que d’une personne attitrée.

Oli : Tout le monde est investi dans chaque partie de la chanson. Je fais des percus et aussi de la basse. Les chansons sont très importantes pour nous. Des fois on se dit qu’on va essayer ça et si ça marche pas, on essaye autre chose. On construit ensemble.
Il est toujours question d’essayer.

Cabaneariff : Aaron, tu as un nouveau projet dans le jazz. Tu veux en parler?

Aaron : Oui c’est une sorte de nouveau projet mais aussi un vieux projet.

Cabaneariff : C’est un nouvel album. Et c’est ton premier album.

Aaron : Non, en fait j’ai déjà fait deux albums avant. Je viens de Pierce en Australie et même si c’est très isolé du reste du monde, je connais au moins 20 personnes qui viennent de la bas et qui vivent maintenant à New York, Los Angeles ou Londres et ce sont les meilleurs musiciens que je connaissent.
Je suis très chanceux de les connaître et de pouvoir jouer avec eux sur cet album.
Le jazz, c’est là où j’ai débuté comme musicien  donc pour moi ça me semble naturel d’improviser et donc l’album dont tu parles est mon dernier projet en date. Je l’ai mis sur Kickstarter il y a quelques mois.

Cabaneariff : Tu as besoin d’argent pour le lancer, d’où le crowfunding.

Aaron : Oui, oui. C’est cool d’avoir des gens qui m’ont soutenu pour un projet qui aurait pu ne pas voir le jour. Ils trouvent ça cool que je fasse quelque chose de différent.

Cabaneariff : Ok, ceux qui veulent participer à l’aventure, c’est pas pour payer une nouvelle basse, c’est pour un super album de jazz, venez sur Kickstarter.
Tu fais ça parce que le jazz est ton premier amour ou pour le fun?

Aaron : J’ai ressenti le besoin de jouer de la basse, j’ai voulu jouer du jazz fusion, de l’expérimental mais c’est aussi ça la musique : savoir comment le chant, la chanson, la musique, tout cela marche ensemble. Je ne sais pas, c’est difficile de répondre.

Cabaneariff : Quel est la dernière chanson que vous ayez écouté? Celle qui est sur ton smartphone ou ton ipod.

Oli : Queen Of The Stone Age. Le dernier album, Vilains. Avec Mark Ranson. Et The Weekend.

Aaron : En fait j’ai un copain qui vit à Londres et originaire d’Australie et qui vient de sortir un EP, un projet indie : Nick Kingswell.

Cabaneariff : Ok, j’ecouterai (si vous voulez écouter avec moi, c’est ici). Et toi Adam?

Adam : The Faces, l’album Ooh La La.

Cabaneariff : Vous écoutez de la musique française? Vous connaissez de la musique française ?

Oli : Je n’arrive pas à me souvenir du nom mais on l’a fait sur le Download. (Il fredonne l’air d’un morceau). C’est hyper connu en France, tout le monde connaît.

Aaron : Je crois que le chanteur a eut des problèmes. Non…non je vais dire une connerie.

(NDLR : Ça ne m’est revenu qu’après, c’est Noir Desir dont ils cherchent le nom).

Cabaneariff : Des projets pour l’avenir.

Oli : Le nouvel album, encore plus de concerts, plus de mondes lors de nos concerts. Car c’est l’important : le public. On est très confiant sur le prochain album parce qu’on est ensemble et on prend du plaisir et on espère que ça nous emmènera à la prochaine étape.

Cabaneariff : Il me reste à vous souhaiter un super concert et j’espère un super album dans quelques mois. Merci de m’avoir reçu.

Oli: Merci à toi.

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2 réflexions au sujet de « Interview Raveneye Fevrier 2018 »

  1. J’aime beaucoup la manière dont tu mènes tes interviews, c’est à la fois convivial, pertinent et technique (je comprends pas tout, mais c’est normal !!!)

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    1. N’hésitez pas à me dire ce que vous ne comprenez pas. Comme ça je noterais les explications en parenthèse.

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