Shob / Karma Obscur

Shob est un bassiste français de très grand talent. Après de multiples collaborations (ETHS, Johnny Hallyday, Patrick Rondat pour ne citer qu’eux) dans un style plutôt rock, Shob nous présente son second album, Karma Obscur. Ce mélange rock, jazz, très fusion avec en première ligne un bassiste mérite de s’y arrêter.

J’ai connu Shob (de son vrai nom Geoffrey « Shob » Neau) sur l’album de Durdn. Ce musicien m’avait interpellé musicalement par sa technique à la basse. J’ai eu plaisir à le redécouvrir avec ce nouvel album où on retrouve son propre univers.

On commence l’album avec Hors d’Oeuvre. Un morceau très funk/jazz avec une particularité : on retrouve Shob à la basse et un beatboxer, Beasty. Shob balance un riff très funky à la basse alors que Beasty joue la rythmique batterie à la bouche et suis le musicien avec énormément de talent. C’est la première claque technique et musicale de l’album.

L’intro Straight Ahead m’a fait penser à un morceau de Korn. Le son de basse, hyper dense n’en est pas la cause mais bien la guitare derrière qui joue quelques notes et le côté sombre de cet intro. Cette pensée disparait très vite car vient ensuite une mélodie beaucoup plus chaleureuse, festive avec l’arrivée des autres instruments, un son plus clair clair de la basse (qui continue d’alterner son clair et son saturé à travers le morceau) et la batterie résolumment jazzy (et terriblement bien envoyé) de Morgan Berthet (batteur d’ETHS entre autres).

Là, encore on sent le funk traverser le morceau avec une pêche d’enfer et une qualité d’exécution. Le dernier tiers du morceau revient sur cet esprit plus sombre, plus Kornien dirons nous avec un son plus sec de la basse pour accélérer le mouvement et partir sur un riff rock puissant et terriblement efficace. Je kiff cette dernière partie tellement elle claque sa mère!!!

On change encore d’univers avec Except I’m 65 et une soul sublime animée par la chanteuse Laurène Pierre Magnani qui a une voix digne des plus grandes chanteuses américaines de soul/jazz. On bascule sur une fusion digne d’un Rage Against The Machine avec un solo de guitare génial et Laurène plus percutante au chant. Ce morceau bascule et on se prend à perdre pied facilement dans les morceaux, se laissant emporter par la qualité des morceaux tellement le déroulement musical est inattendu.

Je ne vais pas vous narrer tous les morceaux les uns après les autres ; où serait la magie de découvrir par vous même après çà. Donc faisons un bon dans l’album pour s’arrêter sur Right Move et son groove terrible. Le riff de basse est efficace, la batterie installe une rythmique pêchue à souhait et le synthé et les cuivres (saxophone, trombone et trompettes) créent une vraie harmonie funky sur ce morceau. Cela en fait un morceau très solaire, dansant même. La mélodie change mais l’esprit reste le même au dernier tiers du morceau. Le morceau accélère légèrement sans perdre de son groove et le solo de sax est un régal et pose la cerise sur le gâteau.

Il y a quelques morceaux qui auraient, je pense, mérité d’avoir une partie chantée. Surtout avec la voix magnifique de Laurène Pierre Magnani sur des morceaux comme The Professor ou Divergence, cela aurait pu apporter quelque chose de très intéressant et rajouter encore plus de groove au morceau.

Pour finir, Action Mutante et sa partie hyper jazz/funk alterné par le rock hyper énergique (type Rage Against The Machine toujours) avec le solo de guitare m’a éclaté. Géniallissime.

Et Sulfur et son rythme syncopé (sautillant pour ceux qui préfèrent des images aux mots techniques) très lent, jazz sur la première partie accélèrent sur le deuxième tiers avec un riff de basse énergique, rapide et technique. Le piano nous gratifie d’un superbe solo.

Le dernier tiers du morceau rentre plus dans la fusion jazz et rock progressif avec une ambiance un peu plus froide et le retour des rythmes syncopées (la batterie joue en contre-temps). Le morceau est très intéressant et intelligent.

Conclusion :

Un album très bien fait. Techniquement sans faute, construit autour d’une mélodie entêtante qui revient fréquemment sur des morceaux différents, la musicalité des morceaux sautent tout de suite aux yeux. C’est un album est un très beau mélange de funk, de jazz et de rock. J’ai un coup de coeur pour Except I’m 65 et je trouve dommage qu’il n’y ait pas plus de morceaux chantés, ce qui aurait amené un petit plus pas désagréable. Deuxième coup de coeur : Straight Ahead et ce son dense et puissant de la basse.

L’univers de Shob est multiple mais garde un fil conducteur : le groove des morceaux et sa volonté de donner du plaisir au public, à l’auditeur. Pari réussi pour des morceaux techniquement énormes et musicalement beaux.

Pour l’acheter :

Deezer : http://www.deezer.com/album/40222001?utm_source=deezer&utm_content=album-40222001&utm_term=7126184_1494769184&utm_medium=web

Spotify : https://open.spotify.com/album/3B2eWSkAaB9ltAptGlgq8F

Facebook : https://www.facebook.com/shobbass/?fref=ts

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