Zeal & Ardor / Stranger Fruit

Manuel Gagneux est Zeal & Ardor. Et Zeal & Ardor est le regroupement fou d’une musique blues, de chant gospel noir et d’une énergie métal autour d’une histoire. Celle que Manuel Gagneux veut bien nous raconter. Son deuxième album Stranger Fruit est différent du premier et pourtant on retrouve le même plaisir que sur le premier : une imagination d’écriture et de composition.

On retrouve tout de suite l’énergie du blues dans l’Intro avec une voix dense et une guitare dans une ambiance sombre rappelant la guerre de sécession. Intervient les guitares électriques pour apporter ce modernisme.

De même sur Gravedigger’s Chant avec la puissance du chant qui prend aux tripes. Cela mélange habilement le blues traditionnel créé dans les champs de cotons par les esclaves noirs américains et la colère du rock plus moderne blanc. On sent la fluctuation dans la voix.

Faisant référence par divers endroits au vaudou ou au grimoire l’Ars Goetia (grimoire énumérant 72 démons et les incantations pour les invoquer) , l’album ne déroge pas à la règle du black métal.
Mais, pour autant le carcan du satanisme n’est pas là pour diviser ou marquer une quelconque allégeance au maître du mal.
Il raconte des petites histoires mises bout à bout pour faire prendre conscience.
Chaque chanson a une petite morale.

Comme Gravedigger’s Chant qui raconte que si tu fais quelque chose de mal, cela peut se retourner contre toi.

Reprenant le culte sataniste comme trame par instant, dans Don’t You Dare comme dans Fire Of Motion, il utilise le black métal pour appuyer son propos avec une mélodie rapide, semblant chaotique avec des cris stridents.
Ce ne sont pas mes morceaux préférés, sortant trop de l’univers Zeal & Ardor : mélange  blues/gospel/métal pour raconter une histoire.

En revanche, Row Row et son groove autour d’un chant gospel et d’un riff démesuré métal est énorme. On bascule de l’un à l’autre sans compromission et transition et ça passe. Ca passe même très bien. Les riffs sont énormes et on se prend à headbanguer sur un chant gospel noir américain. Original.

Ship On Fire est je pense mon morceau préféré. Entre chant religieux, guitare acoustique légère, décalée et riff lourd de guitares électriques portées par une basse/batterie surpuissante. Tout est là.

Même l’instrumental The Fool au synthé un peu vintage qui apparaît comme une blague au milieu de l’album sans réelle raison trouve grâce à mes yeux.

J’ai encore un peu de mal sur les parties pures black métal comme sur We Can’t Be Found. Le riff de guitare est énorme mais le cri me sort par les trous de nez. C’est viscéral. Fort heureusement, il ne le fait que deux fois.

Conclusion :

Passé le petit blocage des cris d’effroi du chant black métal qui m’énerve au plus haut point, l’album est génial. L’originalité réside dans le mélange des genres, tantôt blues, tantôt gospel, tantôt très métal, le mélange s’opère tout le temps à la frontière des trois sans écraser l’un ou l’autre mais plutôt en les sublimant.
Un album pour les metalleux curieux.

Pour l’acheter :

Deezer : http://www.deezer.com/album/60145542

Spotify : https://open.spotify.com/album/3AyTvenydn2AK2m4HnQgOb?si=ftFmstOHSVykV9fQfk3hGA

Facebook : https://www.facebook.com/zealandardor/

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