Interview Gut Scrapers Juillet 2017

A peine sorti du concert aux Arènes de Nimes en première partie de Scorpions lors du Festival de Nimes, Fred Fages, le guitariste de Gut Scrapers revient sur la sortie de leur album, leur concert, et leurs projets. Un entretien téléphonique détendu et bon enfant.

Cabaneariff : Bonjour Fred, enchanté de pouvoir te parler et surtout merci de répondre à mes questions.
Comment ça va depuis la sortie de votre album.

Fred : super. tout s’enchaîne très vite. L’album est sorti, on est dans la tournée là avec justement un passage aux arènes de Nîmes Lundi dernier. C’est super vraiment.

Cabaneariff : Justement. Comment en êtes vous arrivés à faire la première partie de Scorpions aux Arènes de Nîmes?

Fred : je te dirais littéralement en répondant au téléphone (rire).

Cabaneariff : Ha bon?

Fred : Oui. La production du festival nous a contacté avant même la sortie de cet album. Ils avaient écouté le premier album, ça leur avait bien plu et ils nous ont proposé de venir sur scène. Ensuite ils ont fait écouter au management de Scorpions et les gars ont donné leur accord pour qu’on fasse leur première partie.

Cabaneariff : Et donc ton ressenti à chaud après ce concert?

Fred : Bah, quelques jours après le concert, on a encore la tête dedans.
Super concert. Le truc, c’est qu’on a un peu flippé à l’arrivée sur scène car on a eut un problème de son.
Il n’y a rien qui sortait. Donc on était devant le public à attendre que les mecs gèrent le truc. On pouvait même pas communiquer avec le public. T’imagines, peut être 5000 personnes qui te regardent et il n’y a rien qui sort.
On a pris le parti d’occuper le public. Thierry, le chanteur a lancé une Ola dans le public. Ça a cartonné et quelques minutes après on pouvait jouer.
Le show était déjà rodé, on avait tourné en festival et concert depuis quelques semaines avant donc ça l’a fait. Ça a été un pied pas possible. L’arène de Nîmes devant nous, le public, c’est juste génial.

Cabaneariff : En plus c’est à domicile. Vous êtes nimois tous.

Fred : Alors non. On est tous originaire de la région mais on en a deux qui vivent maintenant dans la Creuse.
A la question, est ce que c’est compliqué de bosser avec des différences géographiques et bien ça a changé notre façon de travailler. avant on se voyait deux, trois fois par semaine pour répéter, enregistrer. Maintenant avec la technologie, on travaille chacun de notre côté, eux en Creuse nous ici et c’est presque mieux. On travaille beaucoup sur les morceaux et on avance plus vite. Et on se fait une très grosse session une fois par mois pour tout compiler et travailler sur les détails et la mise en place.
Je trouve le travail plus efficace mais ça engage que moi.

Cabaneariff : Je reviens sur le concert mais çà devait être juste un rêve de concrétiser la sortie de cet album, ce travail par les arènes de Nîmes ou j’imagine vous avez dû aller voir vous aussi des groupes jouer et en plus avec les Scorpions.

Fred : Oui surtout les Scorpions. On a à peu près le même âge je pense et pour nous les Scorpions c’est toute notre jeunesse. On écoutait ça étant gamin. En tout cas, moi je suis autodidacte et j’ai essayé de reproduire mes morceaux préférés, et dedans il y avait Scorpions. Et là quand tu sors de scène tu croises Rudolf Schenker (le guitariste de Scorpions) qui te dit “Super show” t’es comme dans un rêve. c’est beaucoup d’émotions. En plus, sans prétention, on bosse comme des dingues, on fait tout nous même et on nous dis “vous avez votre place aux arènes de Nîmes avec Scorpions”, c’est une reconnaissance du travail qu’on a fait. Je pense c’est mérité.

Cabaneariff : Je suis d’accord.
Et le public. Parce que beaucoup venaient pour voir Scorpions et ne vous connaissaient peut être pas. Comment vous avez ressenti ce public, quelle a été leur accueil?

Fred : Bonne question. On sait pas qui est qui. Quand tu arrives dans les arènes, il y a peut être 5-6% du public qui nous connait et devant tu as les Hard Fans de Scorpions, tu vois avec les t-shirt des tournées et tout. Avec le problème de son du début, ils ont eu de la compassion je pense et ensuite quand ça démarre ils prennent l’énergie du premier morceau et tu vois les sourires un peu partout et tu te dis c’est gagné. Et tu sens que c’est sincère donc c’est cool. C’était un très bon accueil. En plus tu le vois parce que le merch, la vente des t-shirts à pas mal marché donc super accueil.

Cabaneariff : Et quels sont vos projets maintenant?

Fred : On continue la tournée. On tourne avec Lizard, un super groupe de Limoges sur une date en Creuse, on enchaîne avec d’autres groupes sur plusieurs dates en France jusqu’à Décembre. Et on est en train de voir pour un passage en Espagne et en Allemagne et Belgique.
Cabaneariff : une tournée européenne donc?(rire)

Fred : Oui on peut dire ça(rire). L’Allemagne et la Belgique, vu la communauté rock la bas c’est juste obligé de passer la bas. Après on fait encore tout tout seul donc ça reste compliqué de tout organiser, de faire des contacts.
On voit aussi pour les festivals l’année prochaine.
Plus on tourne, plus on se fait connaître auprès des gens.

Cabaneariff : Et justement après ce concert, on ne vous a pas sollicité, des majors ou des tourneurs?

Fred : Si, si mais pour l’instant rien de concret. C’est aussi à nous de les relancer, et de continuer à faire parler de nous pour voir si ça les intéresse ou pas.
Après on a eu des supers retours du festival et du management de Scorpions et quand on voit tous les groupes allemands qui cartonnent et qu’ils te disent que tu fais du super boulot, tu prends le compliment et tu écoutes. Les mecs, c’est des mélomanes, ils savent ce que c’est que la musique.
Là on a bien bossé sans relâche donc on va se reposer un peu jusqu’à mi août et ensuite on ré attaque avec les concerts et profiter du public.

Cabaneariff : Bon, la question débile…

Fred : Hà, c’est marrant ça, tu annonces. Question débile, j’adore.

Cabaneariff : Oui c’est mieux quand on préviens. Comment ça se fait que Thierry n”ait pas l’accent Nimois en chantant en anglais?

Fred : A question débile, réponse débile : Pourquoi un bègue ne bégaie pas quand il chante.
Non plus sérieusement il a beaucoup travaillé sur l’accent anglais justement, sur les intonations. Ils regardent les films et séries en VO, il a pris des cours. Et puis, on écoute énormément de groupes anglo-saxons.

Cabaneariff : Et ça se sent. J’ai souvent la problématique des français qui chantent en anglais avec un accent français mais pas vous.

Fred : Ha bah merci. Je vais lui dire ça va lui faire énormément plaisir.
C’est le travail qui est récompensé.

Cabaneariff : Et pourquoi l’anglais?

Fred : La culture rock est tres anglo-saxonne donc c’était une évidence pour nous de chanter en anglais. Et puis la langue anglaise fait passer plus de choses. Je m’explique : le français est une très belle langue mais très codifiée. on a un mot pour tout. L’anglais peut jouer sur les doubles sens, l’imagerie plus facilement. Quand on écoute les textes de Gut Scrapers, il y a des textes qui ont du sens et différentes interprétations.
C’était plus compliqué en français.

Cabaneariff : Et dernière question. Quelle question on ne te pose jamais et que tu aimerais qu’on te pose?

Fred : C’est dur ça (il réfléchit et après deux minutes où je lui explique qu’il a déjà du rêver étant jeune de se faire interviewer pour sa musique). C’est une question que j’adorerais que l’on me pose : qu’est ce que ça fait de vendre 3 millions d’albums (rire).

Cabaneariff : Je te rappelle dans deux semaines et je te pose la question alors (rire)

Fred : Ouais ça me plairait ça. Ça serait génial. Rappelle moi et je te dis ça (rire).

Cabaneariff : En tout cas merci d’avoir pris le temps de répondre à mes questions et bon courage pour la suite. J’espère vous voir sur Paris en Décembre.

Fred : Merci à toi. Et oui viens nous voir, tu seras pas déçu.

N.D.L.R : Merci à Christopher Raimbert pour sa photo du groupe. Pour en voir plus : https://www.facebook.com/raimbertphotography/

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